Rassegna Stampa

Gaz en Ukraine : Bruxelles refuse de céder à la pression russe

L’Union européenne (UE) refuse de se soumettre à la pression russe et de politiser la question de l’énergie. En réponse à la lettre envoyée par Vladimir Poutine menaçant de couper la livraison de gaz à l’Ukraine en cas de non-paiement, la Commission européenne a averti, vendredi 11 avril, attendre de ses fournisseurs le « respect de leurs engagements ». […]

L’Union européenne (UE) refuse de se soumettre à la pression russe et de politiser la question de l’énergie. En réponse à la lettre envoyée par Vladimir Poutine menaçant de couper la livraison de gaz à l’Ukraine en cas de non-paiement, la Commission européenne a averti, vendredi 11 avril, attendre de ses fournisseurs le « respect de leurs engagements ».

La porte-parole de l’exécutif bruxellois, Pia Ahrenkilde-Hansen, a rappelé la position exprimée la semaine dernière lors d’une réunion entre le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton :

« L’Union européenne est un bon client. Elle achète 70 % des exportations russes d’énergie, qui contribuent pour à peu près 50 % des recettes du budget fédéral russe. (…) Il est dans l’intérêt de tous de ne pas utiliser l’énergie comme un outil politique. »

LE GAZ RUSSE : 25 % DES BESOINS DE L’UE

En menaçant de cesser de livrer du gaz à l’Ukraine, M. Poutine a mis en danger l’approvisionnement des Européens, comme en 2009. L’Ukraine consomme 50 milliards de mètres cubes de gaz par an et son réseau de gazoducs assure le transit de 65 des 133 milliards de mètres cubes de gaz achetés par les pays de l’UE, selon les données de la Commission européenne pour 2013.

Les achats de gaz à la Russie couvrent en effet 25 % des besoins des pays de l’UE pour une facture totale de 35 milliards d’euros en 2013, soit 3 milliards par mois, précise la Commission.

Pour le moment « l’approvisionnement en gaz russe se fait tout à fait normalement », a précisé Sabine Berger, porte-parole du commissaire à l’énergie, Gunther Oettinger. « Les réserves de gaz stocké dans l’UE sont de 37 milliards de mètres cubes, soit la moitié des capacités, et les Etats membres ont commencé à se réapprovisionner », a-t-elle précisé.

Les treize pays de l’UE concernés par les menaces russes sont l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, l’Italie, la France, la Hongrie, la Grèce, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie. Cinq autres pays non membres de l’UE sont également concernés : la Bosnie-Herzégovine, l’ancienne République yougoslave de Macédoine, la Moldavie, la Serbie et la Turquie.

Moscou a préconisé de « mener sans délai des consultations au niveau des ministres de l’économie, des finances et de l’énergie pour mettre sur pied des mesures conjointes de stabilisation de l’économie de l’Ukraine et pour assurer les livraisons et le transit du gaz russe dans le strict respect des conditions contractuelles ». La demande sera discutée lundi à Luxembourg par les ministres des affaires étrangères de l’UE.